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Règles douloureuses au travail, comment gérer ?

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J’ai toujours eu des règles douloureuses. Je parle ici du genre de douleur qui peut parfois m’empêcher de me lever ou qui m’oblige à marcher en me pliant en deux. Bref, dans ce genre de moment, j’ai juste envie de rester allonger en position fœtale. 

Quand le premier jour de mes règles tombe pendant le weekend, c’est chiant, mais au moins je peux me reposer. Par contre, quand ça arrive pendant la semaine, je suis bien obligée de travailler et quand je bossais en entreprise, c’était assez gênant. Comme c’est un sujet encore pas mal tabou, j’ai eu envie d’écrire un article pour partager mon expérience ainsi que quelques conseils…

Menstruations au travail, un moment d’inconfort

Pendant longtemps, j’étais super gênée quand j’avais mes règles au travail. En plus d’avoir des maux de ventre assez horribles, je ressentais pas mal de honte. Ça peut sembler bête, mais je vivais le moment où je devais traverser l’open space avec mon tampon ou ma serviette à la main comme une sorte de walk of shame. D’ailleurs, j’essayais par tous les moyens de cacher l’objet du délit ; celui qui allait à annoncer à l’ensemble de mes collègues que j’avais mes règles. 

Heureusement, j’ai fini par me débarrasser de cette honte liée au tabou des menstruations. Je crois que d’avoir écrit plusieurs fois sur le sujet dans le cadre de mes études m’a pas mal aidée. Mais surtout, j’ai fini par me dire que je souffrais déjà assez physiquement pour ne pas en plus devoir m’excuser ou me cacher pour un phénomène naturel. J’aurais aimé que ce soit aussi facile de se débarrasser des douleurs menstruelles.

Le plus dur pour moi, c’était de me déplacer jusqu’à mon lieu de travail, mais aussi de rester assise toute la journée. Je crois que j’ai déjà passé des journées entières à me tortiller sur ma chaise comme un asticot histoire de trouver une position un peu moins douloureuse.

Pour rendre les choses un peu moins inconfortables, il m’est déjà arrivé de ramener ma bouillotte au travail. Je précise : je bossais dans une petite structure super cool en Suède, donc je pouvais me le permettre. En toute honnêteté, je l’ai pas fait souvent et j’ai bien conscience que cela n’est pas possible dans toutes les professions et/ou entreprises. C’est d’ailleurs bien dommage, car grâce à ma bouillotte, j’ai passé des journées au boulot bien moins inconfortables qu’elles ne l’auraient été sans. 

Règles douloureuses et productivité : quel impact ? 

Est-ce-que mes règles douloureuses me rendent moins productive ? C’est une bonne question…Je crois que 3 fois sur 5, non. Même s’il m’est déjà arrivé d’avoir du mal à me concentrer à cause de mes crampes menstruelles, cela m’a jamais empêchée de faire mon travail.

Après, je tiens à préciser que je fais un métier qui n’est pas du tout physique et cela aurait sans doute été différent si ça avait été le cas. D’ailleurs, d’après une récente étude, les règles douloureuses affecteraient la productivité au travail. 

Cela dit, je reconnais que durant ces journées, je suis loin d’être au top de la forme. D’ailleurs, à l’époque où je travaillais encore en entreprise, j’essayais d’être assez transparente avec mes collègues à ce sujet au cas où j’aurais ressenti le besoin de rentrer chez moi plus tôt que prévu. Je pense qu’il vaut mieux en parler à ses collègues quand on a des règles douloureuses, surtout si on sent qu’on va avoir du mal à bosser. 

Le télétravail, un véritable privilège

A mes yeux, l’une des meilleurs solutions est le télétravail. Je ne l’ai pas fait souvent, mais quand c’était possible, j’essayais de bosser depuis chez moi le premier ou le second jour de mes règles. Le télétravail offre l’avantage de :

  • éviter le trajet jusqu’au lieu de travail qui peut devenir un enfer quand on a des règles douloureuses ;
  • travailler dans une position un peu plus confortable qu’assise sur une vieille chaise de bureau ;
  • travailler avec sa bouillotte sans devoir s’inquiéter d’avoir l’air pro ou pas.

Alors, évidemment, j’ai la “chance” de n’avoir besoin que d’un ordinateur et d’une connexion internet pour pouvoir travailler. C’est d’ailleurs bien pour ça que le télétravail est un privilège, car de nombreuses personnes exercent des professions où cela est juste impossible. Il y a aussi pas mal d’entreprises qui refusent que leurs salariés bossent de chez eux (et c’est bien dommage). 

Le congé menstruel : une solution ?

La question du congé menstruel est complexe à bien des niveaux. Je n’ai d’ailleurs pas d’avis tranché à ce sujet et à l’heure actuelle, je ne peux pas dire si je suis pour ou contre (même si je trouve ça difficile d’être contre).

Le problème avec le congé menstruel, c’est qu’il renforce le stéréotype selon lequel les femmes ne “fonctionnent” pas correctement lorsqu’elles ont leurs règles¹. Trop émotives, voire folles, ou encore incapables de faire une mayonnaise sans la faire tourner, les mythes autour des règles² sont nombreux et reposent tous sur cette idée. En réalité, ces stéréotypes permettent de renforcer le patriarcat, car en représentant les menstruations comme quelque chose de monstrueux, ils permettent de maintenir les femmes loin de la sphère publique³. Ainsi, les personnes qui ont leurs règles sont tenues de rester dans la sphère privée ou de se cacher.

Cela dit, certains métiers sont beaucoup plus éprouvants que d’autres. Je pense notamment à toutes les personnes qui ont des règles douloureuses et qui bossent dans des usines ou sur des chantiers par exemple. Des boulots où il est impossible de travailler de chez soi qui plus est. Dans ces cas, le congé menstruel semble être la solution. Plusieurs pays l’autorisent déjà d’ailleurs.

Quoi qu’il en soit, le débat sur le congé menstruel est assez passionnant et il est possible que j’écrive un article bien plus développé à ce sujet.

Comme toujours, cette article sur les règles douloureuses au travail est basé sur mon expérience. D’ailleurs, à part le télétravail et en parler à ses collègues, je n’ai pas trouvé de réelle solution, donc si vous avez des conseils pour mieux vivre ses douleurs menstruelles sur son lieu de travail, je suis preneuse 😉

 

Sources

1. Ussher, J. M. (2006). Managing the Monstrous Feminine. Regulating the reproductive body.

2. Knight, C. (1991). Blood Relations. Menstruation and the Origin of Culture. New York: Yale
University Press, 1995

3. Thomas, E. M. (2007). Menstruation Discrimination: The Menstrual Taboo as a Rhetorical
Function of Discourse in the National and International Advances of Women’s Rights.
Contemporary Argumentation and Debate, 28, pp.65-90

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